Enfin les vacances

La Vie
Enfin les vacances

Il y a quelque chose de magique avec les vacances de la construction.

Même si tu ne travailles pas sur un chantier, tu sais qu'elles sont arrivées. Les routes se remplissent de VR, les glacières ressortent du garage, les chalets reprennent vie... et ton voisin commence un projet qu'il promet de finir « en deux jours ». On connaît tous la suite.

Au Québec, c'est presque une tradition. Deux semaines où une bonne partie de la province décide que le temps peut enfin ralentir.

Et franchement... il était temps.

On oublie souvent que derrière les immeubles, les routes, les écoles et les maisons qui poussent un peu partout, il y a du monde qui se lève avant que le soleil décide de faire son quart de travail. Des femmes et des hommes qui rentrent fatigués, couverts de poussière, parfois trempés, parfois brûlés par le soleil, mais qui recommencent le lendemain sans faire de grandes histoires.

On les remarque surtout quand il y a des cônes orange.

On devrait peut-être les remarquer un peu plus souvent.

Les vacances de la construction, ce n'est pas juste un congé inscrit sur un calendrier. C'est le moment où quelqu'un retrouve enfin le temps d'aller pêcher avec son garçon. De partir quelques jours sans regarder sa montre. De manger un souper qui ne se termine pas parce qu'il faut aller dormir à huit heures.

C'est du temps.

Le vrai luxe.

Puis soyons honnêtes...

Il y a aussi cette étrange maladie qui frappe plusieurs travailleurs dès le premier matin des vacances. Impossible de rester assis plus de quinze minutes. Faut construire un patio. Réparer le cabanon. Changer la clôture. Aider le beau-frère. Donner un coup de main au voisin.

Parce que, visiblement, prendre des vacances... ça veut parfois dire travailler gratuitement.

C'est plus fort que vous.

Mais si je pouvais me permettre un petit conseil cette année, ce serait celui-ci.

Laissez donc un projet inachevé.

Le gazon peut attendre une journée.

La galerie ne s'enfuira pas.

Les courriels non plus.

Les enfants, eux, grandissent à une vitesse complètement injuste.

Dans quelques années, ils ne se souviendront probablement pas si la terrasse était terminée le 24 juillet.

Par contre, ils se rappelleront du feu de camp. De la crème glacée qui fondait trop vite. De la balade en pédalo. Des fous rires autour d'un barbecue. Des soirées où personne ne regardait l'heure.

Au fond, les plus belles constructions ne se font pas toujours avec du bois ou du béton.

Elles se bâtissent dans les souvenirs.

Alors, que tu sois sur un chantier, dans un bureau, à la retraite ou simplement en train de profiter du soleil, je te souhaite de vraies vacances.

Pas des vacances parfaites.

Des vacances qui sentent le barbecue, le chasse-moustiques, le feu de camp et les rires.

Parce qu'au Québec, il y a une tradition encore plus importante que les vacances de la construction.

C'est celle de prendre soin du monde qu'on aime.

Bonnes vacances.

Et si jamais tu décides de refaire ta salle de bain...

On sait tous que ça ne prendra pas juste une fin de semaine.

À retenir

Il y a quelque chose de magique avec les vacances de la construction. Même si tu ne travailles pas sur un chantier, tu sais qu'elles sont arrivées. Les routes se remplissent de VR, les glacières ressortent du garage, les chalets reprennent vie... et ton voisin commence un projet...

🪶 Petit avertissement
La vie est cruelle, ton lit aussi.
Lis un peu, ça pourrait te détendre… ailleurs.

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