Il y a des périodes dans une vie où tout semble avancer en même temps, même quand on n’a plus vraiment l’impression d’avoir la force de suivre.
Depuis que j’ai acheté ma maison, j’ai mis beaucoup de moi-même dans ce projet. Pas seulement du temps, pas seulement de l’argent, mais aussi de l’espoir. J’ai commencé les travaux avec une idée simple : créer des chambres pour mes enfants, et aussi pour les enfants de ma blonde. Faire de cette maison un endroit où chacun pourrait avoir sa place, son espace, son coin à lui.
Mais pendant que les murs montaient, une autre réalité prenait de plus en plus de place.
Il y a des situations qui ne se voient pas de l’extérieur. Des dossiers qui s’étirent, des discussions qui reviennent sans cesse, des délais qu’on respecte, des ententes qu’on essaie de suivre, et malgré tout, l’impression de devoir toujours se défendre. Quand les échanges tournent plus autour de ce qui se compte que de ce qui se vit, on finit par sentir que toute l’énergie part ailleurs.
Et pendant ce temps-là, il faut continuer d’avancer.
Continuer les travaux. Continuer de penser aux enfants. Continuer de garder la tête haute même quand on se sent vidé. Continuer de bâtir quelque chose de stable alors que, dans le fond, tout autour semble vouloir nous enlever un peu de cette stabilité-là.
Ce n’est pas facile de rénover une maison quand on porte déjà autant sur ses épaules. Ce n’est pas facile de préparer une chambre pour sa fille quand on a l’impression qu’on essaie, en même temps, de ne pas perdre sa place dans sa vie. Ce n’est pas facile non plus de faire tout ça seul, avec le silence qui s’installe parfois quand on aurait surtout besoin d’un peu de répit.
Il y a des gens qui verront seulement une maison en travaux. Des murs ouverts, des outils, de la poussière, des projets qui avancent lentement. Mais entre les lignes, il y a bien plus que ça.
Il y a un père qui essaie de construire un foyer. Il y a un homme qui tente de rester debout malgré une situation qui l’épuise. Il y a quelqu’un qui veut offrir du mieux à ses enfants, même quand la vie lui demande de se battre sur plusieurs fronts à la fois.
Et peut-être que c’est ça, au fond, le plus difficile : continuer à bâtir quand on se sent déjà en train de perdre quelque chose d’essentiel.
Alors oui, la maison avance. Les chambres prendront forme. Les murs finiront par être fermés, peints, habités. Mais derrière chaque coup de marteau, il y aura aussi tout ce qu’on ne voit pas.
Parce qu’il y a des histoires qu’on raconte à voix haute… et d’autres qu’on comprend seulement quand on prend le temps de lire entre les lignes.
— Jimmy-Steve
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